Certains pays tels l’Allemagne, le Japon et dans une autre mesure l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni ont bien modélisé et déjà positionné un véritable dialogue social territorial, depuis de nombreuses années, au cœur des enjeux de leur dispositif d’Intelligence Economique.

Du rapport Gallois en 2012 ressortait la nécessité de confier aux Régions la responsabilité d’imbriquer les acteurs pour plus d’efficience de l’essor industriel territorial. Le rôle essentiel du dialogue social territorial est également central dans les travaux d’Annette Jobert ou d’Eric Verdier qui pointent l’importance du « bien commun territorial ». D’ailleurs, Bernard Carayon le portait déjà dans son rapport en 2003.

Aujourd’hui la loi NOTRE, et après plusieurs mois de concertations, définit les compétences territoriales régionales notamment sur le développement économique, l’aide aux entreprises et la formation professionnelle.

Poursuivre dans cette voie de décentralisation semble être le sens de l’histoire au regard des objectifs en la matière du Président de la République ; alors il faut que les élus prennent la mesure des enjeux et des besoins des territoires.

La crise de 2008 a montré la fragilité du cycle économique mondialisé avec des entreprises minées par les errements de la finance, exsangues de commandes et entrainant inexorablement les salariés vers des pertes d’emplois et la population dans l’appauvrissement.

Il est donc important de développer des leviers de croissance pour les activités dans nos bassins d’emplois en accentuant un processus politique collectif local qui peut se s’appuyer sur quatre piliers :

  • s’accorder sur le diagnostic
  • hiérarchiser les priorités
  • ancrage des acteurs dans les actions
  • pilotage du projet.

Ce processus devient primordial dès lors l’annonce de faire du dialogue social d’entreprise un axe majeur de compétitivité.

La cohérence territoriale s’impose désormais pour harmoniser des process ou aménager des services facilitant la productivité (logistique, transports, garde d’enfants, accès à la culture, aux activités sportives, etc.).

Tous les experts ayant travaillé le sujet sont unanimes, le dialogue social territorial est un atout pour le développement économique. Il n’en reste pas moins que la confiance entre les acteurs (soulevée dans le rapport Combrexelle) et la volonté des pouvoirs publics et des décideurs économiques sont essentielles à la réussite de cette vision.

Des dossiers majeurs, transition énergétique, mutations vers le numérique, les nouvelles formes de travail, le développement de la robotique du quotidien, la prise en charge du vieillissement et de l’accompagnement des personnes, etc. ouvrent des perspectives pour des positionnements nouveaux dans certains territoires.

La concurrence est rude sur le plan économique avec les régions de Lombardie, de la Ruhr, d’Europe de l’Est, par exemple. Cela fragilise le maintien de nos productions industrielles mais aussi de notre recherche y compris dans le secteur des nouvelles technologies.

Faisons en sorte de réussir, de créer des synergies « économico-progressistes » inhabituelles avec des acteurs convaincus qu’ils travaillent tous vers le même horizon celui du développement économique territorial dans une communauté d’intérêts. C’est à cette condition que se créera un saut de productivité qui permettra à nos entreprises de retrouver de la compétitivité et à la société de tendre vers le plein emploi.

 

Charles Pellotieri