Le terme même de RSE, Responsabilité sociale des Entreprise est souvent utilisé à tort et à travers. Chacun y projette ses idéaux ou au contraire son scepticisme sur la « com’ » des entreprises. On y voit aussi, selon ses besoins, l’occasion de parler ici de l’environnement, là de la diversité, etc.

Le fondement d’une démarche RSE est dans son intitulé : c’est la responsabilité.

La responsabilité sociale d’une entreprise consiste à donner du sens à son action, à veiller à sa contribution positive pour ses salariés, ses clients, ses actionnaires, et au-delà, à ses sous-traitants, à la société, à la population des territoires où elle est implantée, à son environnement, aux générations futures, etc. La démarche ne se limite donc pas à adresser une série de thématiques plus ou moins « politiquement sensibles » au gré des modes, mais elle vise à :

  • Identifier, écouter, et associer ses parties prenantes à son activité
  • Prendre des engagements, les rendre publics et s’assurer de leur mise en œuvre
  • Rendre compte auprès de ses parties prenantes des résultats obtenus

Depuis 2010, la norme internationale ISO 26000 a permis de donner un cadre commun à toutes ces démarches et a défini 7 questions centrales constituantes de la responsabilité sociale des organisations :

  • La gouvernance de l’organisation
  • Les droits de l’Homme
  • Les relations et conditions de travail
  • L’environnement
  • La loyauté des pratiques
  • Les questions relatives aux consommateurs
  • Les communautés et le développement local

Pourquoi les entreprises s’engagent dans cette voie ?

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans cette voie, à commencer par les plus grandes, par contrainte ou par conviction.

Par contrainte :

  • Des obligations de reporting en matière de RSE depuis 2010 en France, depuis 2014 au niveau européen. On peut se féliciter que les entreprises françaises, parce qu’elles ont pu anticiper l’exercice depuis plusieurs années, bénéficient un avantage concurrentiel par rapport aux entreprises des pays européens où il n’existait pas d’obligation en la matière
  • Des conditions d’accès à des financements : de plus en plus d’investisseurs, en particulier investisseurs de long terme (fonds de pension, fonds de réserve des retraites de la fonction publique en France, Banques, etc.) recourent à la notation ESG (Environnementale, Sociale et de Gouvernance) pour arrêter leurs choix d’investissement. L’investissement socialement responsable en France pèse désormais 746 milliards d’euros, +29% en 2015 : une croissance constante et dynamique portée par les assureurs[1]
  • Des conditions d’accès à certains marchés : les donneurs d’ordres (qui sont eux-mêmes évalués sur le respect de critères environnementaux et sociaux dans leurs pratiques d’achat) exigent de plus en plus fréquemment que les entreprises qui candidatent décrivent leur propre politique de RSE ou demandent des précisions sur la façon dont elles intègreront le respect des droits de l’homme ou de la protection de l’environnement dans leurs prestations par exemple. C’est d’ailleurs un levier de développement de la RSE dans les PME/PMI
  • Cet engagement peut être une réponse à une controverse qui a entaché la réputation d’une entreprise et donc son capital « image » auprès des clients

Par conviction 

Les entreprises soucieuses de s’inscrire dans la durée savent qu’elles ont besoin d’un environnement propice à leur développement, et d’une bonne gestion des risques : risque financier, juridique, risque lié à l’approvisionnement en matière première par exemple, mais aussi des risques « non assurables », non transférables, comme la sécurisation des relations avec leurs sous-traitants, la prévention des conflits sociaux, capacité d’adaptation des hommes et des femmes (compétences, mobilité, qualité des conditions de travail, etc.).

Pour sécuriser durablement la création de valeur, ces entreprises sont attentives aux besoins et attentes de leurs parties prenantes. Des opportunités s’ouvrent ainsi à elles :

  • Innover avec de nouveaux produits et services ou dans le process de production, en étant à l’écoute des besoins et des contraintes de leur environnement
  • Maintenir la motivation et l’engagement de leurs employés, renforcer leur capacité à attirer et à retenir les talents
  • Attirer de nouveaux types d’investissements plus durables
  • Valoriser son action (capital réputation)
  • Démontrer son utilité sociale notamment auprès des pouvoirs publics, des médias, plus généralement auprès de la communauté au sein de laquelle elles interviennent

Une opération de com’ ?

Les démarches cosmétiques ne prennent plus… Le greenwashing est dorénavant vite repéré et dénoncé. Pour être crédible, la démarche doit être à la fois humble et exemplaire.

Pour des entreprises qui ont des impacts très lourds sur l’environnement ou celles qui recourent massivement à la sous-traitance dans les pays à bas coût, la responsabilité peut même être la cause (mais aussi la solution !) de la remise en cause de leur modèle économique et l’émergence d’un nouveau modèle économique et social durable.

Croissance responsable = performance durable !

 

 

[1] Source : Novethic