La démocratie augmente en qualité et en efficacité quand elle gagne en participation. Le premier objectif de la démocratie sociale n’est-il pas de renforcer la démocratie ? En cela, l’implication des corps intermédiaires  dans le « jeu démocratique » permet de trouver une réponse adaptée à la crise de la représentation nationale.  L’apport de « sang neuf » dans la politique française répond à l’aspiration des citoyens qui souhaitent participer davantage et de façon effective.

La défiance croissante des citoyens vis-à-vis des politiques, le sentiment de lassitude, et même, de rejet envers la classe dirigeante perçue dans son ensemble comme un cercle fermé de privilégiés, explique en partie la crise politique actuelle que nous traversons. La démocratie sociale, sans minorer la responsabilité politique, ni revendiquer l’abandon de l’État, mais bien parce qu’elle s’y ajoute, complète la démocratie politique et constitue en soi un apport vivifiant essentiel à notre République. D’ailleurs, pourquoi se priver de ces acteurs du monde « du travail » qui, eux, « votent » ? Près de 70% des salariés participent aux élections professionnelles, leurs représentants négocient et « s’accordent » quotidiennement avec leurs employeurs sur la base de compromis. L’espace occupé par la démocratie sociale est vivant et même, revigorant en tant qu’apport à notre démocratie bien malade au niveau de la participation des citoyens à la vie de la Cité.

La démocratie sociale ne prétend pas conduire à une répartition rigide des tâches entre deux versants de la démocratie, mais plutôt vers le développement de synergies et de complémentarités démocratie politique/ démocratie sociale. Remplir cet objectif, c’est bien augmenter la démocratie dans sa globalité. Cette conception se nourrit d’une relation renouvelée entre l’État et la société civile. Elle passe par la reconnaissance et le développement des corps intermédiaires, la nécessité de leur implication dans la construction des nouveaux équilibres entre performance économique et impératif social.

Nous y voyons là, l’un des meilleurs antidotes au gonflement des corporatismes et au populisme dévastateur de l’extrême droite. Mais, nous y voyons, aussi l’alternative crédible à la demande croissante et illusoire du recours à l’État de tout régenter comme le proposent Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon dans leur programme.

Aude de Castet